11/07/2006

Homoparentalité et adoption par des couples d'homosexuels

Texte fondateur:

En guise d'alternative à "Papa, Maman et moi"

Le Collectif intitulé "Papa, Maman et moi", alliance d'associations qui se disent anti-avortement et donc "pro-vie", appelle à une grande manifestation le 25 juillet 2006, à Bruxelles, pour "reprendre le flambeau de la défense de la vie devant les nouvelles menaces légales".

Que faut-il penser ?

Le discours de ces associations est pétri de simplismes, d'amalgames, d'intégrisme, de refus de la différence et d'occultations curieuses.  Ce constat est particulièrement inquiétant.  En effet, d'autres discours du même ordre, se réclamant d'une prétendue conviction démocratique et du droit à la liberté d'expression, sont débités dans le paysage associatif et institutionnel politique européen.  Ils visent, en fait, à banaliser l'intolérance, entre autres en matière de santé et de comportements sexuels et reproductifs.  Que des représentants de partis extrémistes et intégristes occupent de hautes fonctions dans le gouvernement polonais actuel, n'est qu'un des signes de cette dérive extrêmement dangereuse pour l'exercice des droits fondamentaux dans la société européenne. 

Il nous appartient d'affirmer, sans plus tarder, les alternatives éthiques et démocratiques qui sont à la base de notre engagement.

1. Nos adversaires prétendent être contre l'avortement, pour la vie, pour la famille et insinuent que ceux qui défendent le droit à l'interruption volontaire de la grossesse sont contre la vie et la famille.  Cette affirmation est mensongère.

Personne n'est "pour l'avortement".  Aucune femme ne désire se retrouver enceinte pour pouvoir se faire avorter, aucun couple ne se réjouit de se retrouver face au médecin pour parler d'une interruption volontaire de grossesse.  Ce qui est passé sous silence, dans ce discours, c'est la situation de détresse qu'ont à connaître ces femmes et ses couples.

Nous affirmons avec force que le droit d'avorter dans des conditions qui ne mettent pas la santé des femmes en péril est une nécessité absolue.  Ce droit est - enfin ! - reconnu par la loi dépénalisant partiellement l'avortement depuis avril 1990.

Cette loi prévoit un accompagnement psychosocial de la femme, afin qu'un nouvel échec de contraception soit évité et qu'une grossesse ultérieure ait lieu dans des conditions matérielles, sanitaires et psychologiques meilleures.

Enfin, la législation impose une transparence financière de la pratique.

2. Nos adversaires ont systématiquement recours à une stratégie de l'amalgame.

Le droit de l'avortement constitue pour eux "une promotion idéologique du meurtre de masse".  Le rappochement, par sa bassesse, en dit long sur la rage qui en est son fondement...

3. Avortement, vieillissement de la population autochtone, xénophobie et abus de langage : "En 15 ans, au bas mot, un million d'enfants auront été privés de leur vie.  Un million de petites victimes innocentes...   Ici, chez nous, dans notre pays qui, paradoxalement souffre tant du vieillissement de sa population".  Traduisons : les avortements de nos petites têtes blondes constituent un manque à gagner sérieux sur nos pensions qu'il faudra compenser par le pis-aller de l'immigration, fut-elle choisie...

L'usage immodéré du mot "nous" et de ses dérivés en dit long sur leurs motivations premières.  Quant aux chiffres : quelles sont les bases statistiques, démographiques et autres ?

Efin, et nous y reviendrons plus loin, la loi précise les différents stades de la grossesse : il est question d'"oeuf" de 0 à 10 jours ; d'"embryon" du 11ème jour au 4ème mois, de "foetus" à partir du 4ème mois et jusqu'à la naissance.  Le terme "enfant" n'est utilisé qu'après cette dernière.

 

4. Homoparentalité et adoption par des couples d'homosexuels : refus de la différence, scientisme et paranoïa.

Le refus d'accepter la différence que constitue l'homosexualité retentit sur la question de l'homoparentalité et donne lieu à des jugements négatifs quant à la capacité des homosexuels à assurer une fonction parentale satisfaisante.

Cette position idéologique extrême est recouverte du manteau d'un discours prétendument scientifique ou fait appel, à la stigmatisation et à l'exhortation idéologique.

Penchons-nous d'abord sur leur "discours scientifique".  Dans le "Rapport sur le développement de l'enfant au sein des couples de même sexe", qu'on trouve sur leur site (Fontana, Martinez et Romeu, 2005), les auteurs concluent ne pouvoir "assurer en aucun cas l'aptitude des couples homosexuels pour adopter des enfants".  On pourrait donc s'attendre  à une proposition d'appel à la prudence, d'examen plus approfondi de la question.  Après tout, cette dernière est en effet complexe ; qui pourrait prétendre pouvoir faire des affirmations en ce qui concerne les couples hétérosexuels ?  Mais les auteurs n'hésitent pas à recommander l'interdiction de l'adoption par les couples homosexuels.  A quel titre, de quel droit, ces chercheurs outrepassent-ils aussi manifestement les limites de leur compétence ?  Mais ce mystère n'en est pas un.  Il suffit d'identifier les commanditaires institutionnels de leur étude pour y voir plus clair.  Ils excellent à jeter le discrédit sur des études commanditées par des homosexuels ou des lesbiennes.  A chacun son "lobby"...

Abordons ensuite la stigmatisation paranoïde, l'usage tendencieux de la terminologie.  Il est question, dans leurs propos, de "propagande"  homoparentale, de "lobby homosexuel" qui menace "la Famille de toujours".

Terminons par l'exhortation idéologique, qui trahit bien leurs tendances autoritaires.  Sans cesse, des concepts sont brandis sans qu'ils soient définis.  Cela peut avoir trait au bien-être de l'enfant (voir plus haut), ou à la famille (la "Famille de toujours").  A l'encontre de ce que nos adversaires idéologiques veulent faire croire, ces termes ne recouvrent pas une réalité unique ; leur signification est controversée.  Qu'entend-t-on en effet par une famille "saine" ou "pathologique" ?  Quelles en sont les fonctions ?  Qui en sont les acteurs ?  Quels rôles jouent-ils ?  Que signifie le "bien-être de l'enfant "?  Qu'est-ce que l'"homo" ou l'"hétérosexualité" ?

Très brièvement, voici ce qui nous anime, voici les valeurs fondamentales que nous défendons :

Nous sommes résolument pour la vie et tout aussi résolument favorables au couple et à la famille, dans le cadre d'une intangible liberté de choix personnel que doivent pouvoir exercer, en âme et conscience, chacun et chacune d'entre nous.  Cette liberté n'a été acquise qu'au terme de luttes acharnées ; la société démocratique dans laquelle nous avons eu la chance de vivre et la loi reconnaissent cet acquis.  Il a trait, tout particulièrement, au domaine de la vie affective et sexuelle.

Nous soutenons les principes de non-discrimination et de non-stigmatisation.  Nous luttons pour le respect des différences et pour l'égalité des droits, notamment en ce qui concerne l'orientation sexuelle de la personne.

Enfin, nous voulons rappeler que des lois et des conventions tant européennes et internationales appellent au respect de ces différences et à la non-discrimination.  Non seulement, nous voulons souligner ce cadre légal déjà existant, mais nous oeuvrerons à le faire progresser encore, notamment dans les domaines de la santé des femmes et du contrôle de leur santé sexuelle et reproductive.  Il s'agit d'avancées majeures, qui sont encore trop souvent à l'état d'intentions.

 

 

sources : www.planningfamilial.net 

 

 

Parce que cela nous concerne aussi

 

Nanesse

22:16 Écrit par Nanesse dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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